Aldo Ciccolini, l’exigence de la musique

Concertiste et pédagogue, Aldo Ciccolini fête en 1995 ses soixante-dix ans. Une vie au service d’une musique — la musique occidentale — dont il observe, sans amertume, que son règne tire à sa fin…

A l’époque de vos études, y avait-il beaucoup de différences entre une formation pianistique à l’italienne, telle que vous avez pu la recevoir, et la pédagogie à la française ?
Non, je ne le pense pas, c’était le même genre de préparation très rigoureuse, et comme il y avait beaucoup de jeunes pianistes, les professeurs avaient plus de temps pour s’occuper de ceux qui se destinaient à la carrière. Je suis venu en France à l’occasion du Concours Marguerite Long, en 1949, mais sans idée de m’installer et de m’imposer. Si je ne l’avais pas remporté, je n’aurais pas insisté, car j’ai horreur des concours. A l’époque, le succès à un concours vous assurait une carrière immédiate — je veux dire une carrière internationale à long terme, avec tournée en Amérique. Aujourd’hui, il n’y a pas un seul premier prix qui vous assure de quoi que ce soit. Il y a une telle inflation de concours qu’ils n’ont plus aucun impact ni sur le public ni sur les orchestres symphoniques.

Pour lire la suite de cet article (2738 mots):