Les compositeurs virtuoses du 19e siècle

A une époque où, à l’image du sport, la technique instrumentale semble être le but poursuivi par beaucoup de jeunes interprètes, forcés en cela par l’esprit des jurys de concours internationaux, on s’aperçoit que plus la technique tend vers la perfection, moins on rencontre de pianistes qui osent s’afficher virtuoses ! Remontant aux sources de la virtuosité, Christian Lorandin nous montre que ce terme a changé de sens : il a perdu aujourd’hui ce qu’il contenait de grâce, de délicatesse, d’âme… celle de Liszt par exemple.

Suffit-il, pour être virtuose, de jouer tout très vite et très fort ? Non. Peut-on qualifier de virtuose un pianiste capable de jouer toutes les Etudes d’exécution transcendante de Liszt en concert ? Pas uniquement !
Au-delà de la technique, la virtuosité apparaît surtout comme un état d’esprit et il est évident que si notre époque n’était pas aussi obnubilée par la propreté, la minceur, l’antisepsie, la psychanalyse, nous aurions beaucoup plus de pianistes virtuoses qui sauraient prendre des risques, avec peut-être une marge d’imperfection, certes, mais aussi une abondance d’idées, et certains concerts ne nous donneraient pas l’impression d’une expérience clinique, mais bien au contraire, ils nous rendraient malades…

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