L’école de piano tchèque

Du royaume de Bohême au 12e siècle à la République tchèque aujourd’hui, que de vicissitudes ! Des empereurs germaniques à l’Empire austro-hongrois, de la Tchécoslovaquie disloquée par Hitler à la démocratie populaire disparue en 1989…, enfin libre, enfin autonome, la République tchèque peut aujourd’hui faire le point sur sa riche histoire musicale et pianistique.

L’actuelle République tchèque est composée essentiellement de deux régions, la Bohême et la Moravie, qui, réunies au 12e siècle, formèrent le royaume de Bohême. Celui-ci connut son apogée, notamment culturel, sous le règne de Charles IV (1346-1378), empereur du Saint Empire. Une longue période de confusion suivit sa disparition, qui aboutit à la réunification des Couronnes de Bohême et de Hongrie sous le règne de Louis II Jagellon au début du 16e siècle. En 1526, la couronne passe à Ferdinand Ier, empereur germanique. Elle restera possession des Habsbourg près de quatre siècles, jusqu’en 1918. Les Slovaques, intégrés au royaume de Hongrie dès le 10e siècle, passèrent eux aussi aux Habsbourg sous le règne de Ferdinand Ier.
Le démembrement de l’Empire austro-hongrois, au lendemain de la Grande Guerre, consacré par les traités de Saint-Germain et de Trianon, donne naissance à la Tchécoslovaquie, bientôt disloquée après l’annexion des Sudètes par Hitler, la déclaration d’autonomie de la Slovaquie et les revendications territoriales de la Hongrie. A peu près reconstituée en 1945, la Tchécoslovaquie devient une démocratie populaire, après le coup de force communiste de 1948. “Pays frère” de l’Union soviétique pendant quarante ans, la Tchécoslovaquie recouvre sa liberté après la démission des dirigeants du parti communiste, en 1989, qui porte Vaclav Havel à la tête de l’Etat. Rapidement, les divergences entre Tchèques et Slovaques, occultées sous le communisme, resurgissent et conduisent à la partition du pays en deux Etats distincts en 1993 : République tchèque d’un côté, Slovaquie de l’autre.
Aujourd’hui, parmi dix millions de citoyens tchèques et un peu moins de six millions de citoyens slovaques, se maintiennent des minorités hongroise, polonaise, allemande, autrichienne, roumaine, russe…, sans compter d’importantes communautés juives et tziganes, qui ont joué un rôle dans l’histoire de la musique en République tchèque et en Slovaquie.

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