Le piano à 4 mains de Dvorak : un univers symphonique miniaturisé

Alors que les œuvres pour piano seul de Dvorak sont encore peu connues, on joue plus couramment quelques-unes de ses partitions pour quatre mains, comme les Danses slaves. Mais l’essentiel de ce répertoire reste à découvrir.

Peu de pianistes s’intéressent à l’œuvre pour piano d’Antonin Dvorak (1841-1904). Peut-être parce que son piano n’a pas de prétention pyrotechnique ! Le compositeur de la Symphonie du Nouveau Monde fut d’abord un violoniste et un altiste remarquable. Le piano, tout comme l’harmonium ou l’orgue, n’est venu qu’en complément de sa production de musique de chambre et d’œuvres liturgiques. Des pianistes comme Radoslav Kvapil et Rudolf Firkusny ont largement contribué à diffuser hors de Bohême  une production essentiellement composée de miniatures ; ils ont tiré de l’oubli les Impressions, Silhouettes et autres Humoresques. Jusqu’à une époque récente, certains musicologues occidentaux soulignaient avec condescendance la dépendance de Dvorak à l’égard de Brahms, mais également de Chopin (Humoresques op. 101, Eglogues B. 103*), de Schumann (Douze Silhouettes op. 8), voire de Beethoven (Thème et variations op. 36). La musique tchèque de la seconde moitié du 19e siècle était encore trop influencée par la culture germanique pour s’en affranchir complètement. Il n’en demeure pas moins que la plupart de ces pièces sont d’une remarquable qualité musicale. Il en va tout autant des partitions pour piano à quatre mains. Et pourtant, en dehors des quatre cycles que nous présentons, réellement populaires, un certain nombre de transcriptions du plus haut intérêt demeurent pratiquement inconnues. La plupart d’entre elles n’ont pas encore été enregistrées, ni même éditées !

Pour lire la suite de cet article (1858 mots):