Vladimir Horowitz, le dernier des romantiques

Bien peu d’interprètes possèdent un toucher reconnaissable au bout de quelques mesures : Arturo Benedetti Michelangeli, Glenn Gould, Dinu Lipatti ? A l’écoute d’Horowitz, nous découvrons un son unique, la vibration presque métallique du piano, des basses gigantesques, un aigu qui “claque” comme un coup de fouet…

Sa Sonate en si mineur de Liszt, gravée en 1932 (Emi Classics), puis celle de 1977 (RCA) révèlent une signature sonore identique qui traverse les époques. Pour les uns, elle est le fruit de tics, d’une technique peaufinée, les mains à plat, les phalanges “cassées”. Pour les autres, cette énergie vitale est le produit d’une personnalité hors norme capable de s’approprier chacune des pièces qu’il interprète et de la soumettre à sa prodigieuse technique : plus que Liszt, c’est Horowitz qu’on entend ! Sa personnalité se superpose aux compositeurs qu’il affectionne et qui, pour la plupart, furent également des pianistes de génie.
De Clementi à Scriabine, de Chopin à Rachmaninov, “l’ouragan des steppes”, comme le surnomma la presse allemande dans les années vingt, a fasciné plusieurs générations de mélomanes et de musiciens. La part de mystère qui entoure sa vie, les anecdotes d’un parcours semé de retraites et de come-backs ont créé la légende d’un artiste infaillible… mais qui ne cesse de douter de lui-même, y compris de sa date de naissance : 1903, 1904 ?

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