Emile Goué, le destin brisé

Il est des destins que l’histoire a malmenés : celui du compositeur français Emile Goué (1904-1946) en fait partie.

Il aura à peine le temps de se faire connaître qu’éclate la Seconde Guerre mondiale, pendant laquelle il sera fait prisonnier et affecté à l’oflag XB. Cette douloureuse période sera paradoxalement très féconde pour son œuvre, comme si, face à la souffrance et à la dureté quotidienne, la musique s’offrait comme arme de vie et d’élévation spirituelle.
Ce brillant élève de Kœchlin et de Roussel, également scientifique émérite, professeur agrégé de physique au lycée Louis-le-Grand à Paris, mourra un an après la Libération, ayant à peine repris ses activités.
Et c’est l’oubli, aussi compact qu’injuste, pendant près de cinquante ans ! Il est vrai qu’il n’aura pas eu le temps de diffuser plus largement son œuvre et que les révolutions d’après-guerre dans la création auront détourné l’attention du monde musical.

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