Le regard de Cédric Tiberghien

S’il ne fut pas un enfant prodige, il est à coup sûr un pianiste précoce… Un premier prix au Conservatoire de Paris en poche à l’âge de 17 ans, il continue de moissonner les lauriers, jusqu’au Concours Long-Thibaud de 1998 (il a alors 23 ans) où, non content de remporter le 1er grand prix, il rafle aussi cinq au­tres récompenses dont le prix du public. Un public dont la fidélité ne se dément pas. Cédric Tiberghien donne en moyenne quelque 70 concerts par an, embrasse un répertoire dont la variété peut surprendre chez un pianiste de cet âge (il a fêté ses 30 ans cette année), soucieux de ne pas se laisser coller d’étiquette (debussyste, beethovénien ou autre…), mais gourmand avant tout de découvertes et de plaisirs nouveaux.
En parcourant avec nous ce numéro, il laisse entrevoir une personnalité plus complexe que son physique d’enfant sage ne le laissait supposer…

Daniel Barenboïm

C’est d’abord l’un des premiers musiciens que j’ai pu écouter. Je devais avoir 8 ou 9 ans. Je me souviens en particulier de ses Années de pèlerinage de Liszt. Ce pianiste m’a toujours impressionné, sans que je sache vraiment pourquoi. Aujourd’hui, je pense que c’est son rapport à l’instrument et à la musique en général qui me fascine. On a l’impression qu’il dépasse tout souci instrumental… Même s’il n’a peut-être pas la maîtrise technique d’un Krystian Zimerman ou d’un Radu Lupu, il y a une puissance dans sa vision qui emporte tous les suffrages.

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