Haydn selon Paul Badura-Skoda

Le répertoire de Paul Badura-Skoda est immense et ne se limite point au ­classicisme viennois, qui est certes le cœur de son monde musical ; peu d’œu­vres, de Scarlatti à la musique contemporaine, lui sont étrangères : Brahms, Berg, Bartok, Debussy, Ravel lui sont familiers, sans parler de sa rencontre avec Frank Martin.

Ce musicien d’une grande curiosité a évolué d’une façon originale : parallèlement à sa brillante carrière de pianiste, il s’est engagé sur deux voies qui répondent à son exigence quant à la restitution aussi fidèle que possible des œuvres de la grande tradition classique, dans leur forme et dans leur esprit : la musicologie et la pratique des instruments anciens.

Haydn, Mozart, Beethoven, Schubert… Peut-on réunir ces quatre immenses créateurs sous l’étiquette du “classicisme viennois” ?
Comme toutes les questions sur l’appartenance à une “école”, celle-ci n’est pas simple. Rappelons tout d’abord que, de ces quatre compositeurs, seul Schubert est né à Vienne ! Plus sérieusement, ces compositeurs ont, bien entendu, beaucoup de choses en commun : on pourrait parler d’un “style” et aussi d’une musique qui parle au cœur. Cela me paraît très important, une musique qui vous parle directement et de la manière la plus simple possible ! Cette musique a une apparence de simplicité et c’est ce qu’il y a de plus difficile à atteindre ! Leur musique nous accompagne deux cents ans après leur disparition. Pour revenir à Vienne : dans un certains sens, je suis, bien entendu, viennois ! Je suis né à Vienne comme Schubert et j’ai vécu dans cette atmosphère spécifique viennoise… Il est donc presque naturel que je me sente “spécialiste” de la musique classique viennoise.

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