Haydn et la France

Contrairement à d’autres musiciens d’origine germanique comme Froberger, Telemann ou Mozart, Haydn n’est jamais venu en France. Paradoxalement, aucun autre musicien étranger n’y a vu ses œuvre accueillies avec pareil et aussi immédiat enthousiasme. « Haydn est le mentor que devraient écouter tous les jeunes ­compositeurs », disait le violoniste Pierre Baillot qui le rencontra à Vienne en 1805.

Les premières partitions de Haydn paraissent dès 1764 à Paris, capitale européenne de l’édition musicale, apparemment à l’insu du compositeur, mais avec un succès tel que certains éditeurs peu scrupuleux se servent de son nom comme garant de réussite. C’est en 1801 que Pleyel, son élève, commence à réaliser une édition de poche de l’œuvre de Haydn ; puis, en 1863, Delphin Alard, Franchomme et Louis Diémer entreprennent à leur tour un travail considérable de révision de ses compositions, afin, semble-t-il, de combler une lacune en France, car, « malgré la popularité dont jouissent les noms de Haydn, de Mozart, de Beethoven, nous ne connaissons pas la dixième partie de l’œuvre de ces ­maîtres », lisait-on en 1838 dans un journal parisien.

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