Les quatre mémoires du pianiste

De nos jours, les pianistes considèrent comme normal de mémoriser leur répertoire de soliste, une habitude qui est devenue une tradition avec le temps. Or, il n’en a pas toujours été ainsi. La lecture d’une partition a longtemps prévalu sur sa mémorisation. En fait, c’est Franz Liszt, compositeur et pianiste virtuose du 19e siècle, qui a été l’un des premiers interprètes à donner un récital entier de mémoire.
Cent cinquante ans plus tard, sauf exceptions notoires, cette pratique persiste.

A l’aube de ce 21e siècle, peu de pianistes osent remettre en question cet héritage. Certains d’entre eux semblent même être passés maî­tres dans l’art de jouer par cœur. Toutefois, la mémorisation d’une partition reste un exercice difficile pour la plupart des pianistes. Il s’agit même, pour dire vrai, d’une tâche complexe et colossale. Pour y arriver, l’interprète doit faire appel à plusieurs de ses sens (ouïe, vue, toucher) et il doit pouvoir orchestrer savamment, dans son cerveau, des milliers de données afin d’éviter le trou de mémoire lors d’une prestation publique.

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