Hongrie, 1953-1983 : une éducation de fer…

La pianiste Gabriella Torma, née et élevée en Hongrie, relate ce qu’était la formation d’un jeune musicien sous le régime communiste et comment ont survécu les ­traditions pédagogiques de ce pays derrière le rideau de fer.

En 1954, que faire quand une petite fille de 5 ans se révèle réceptive à la musique ? La règle est qu’elle doit attendre d’avoir 7 ans, savoir d’abord lire et compter, se faire inscrire dans une école de musique d’Etat (c’est pratiquement gratuit), endurer un an de solfège avec des professeurs plus ou moins compétents… Alors seulement, elle pourra se mettre à l’apprentissage tant désiré. Si elle trépigne d’impatience ou que ses dons sont manifestes ? Une seule solution, l’école privée… mais il n’en existe que deux dans tout Budapest ! Faire appel à des professeurs particuliers ? Il leur est interdit d’exercer. « C’est quand même ce que mes parents ont fait, en cachette ! »

Pour lire la suite de cet article (985 mots):