Giacinto Scelsi, aux origines de la vibration sonore

L’œuvre de Giacinto Scelsi (1905-1988) a donné lieu à peu d’analyses, même depuis que le public l’a découverte dans les années 80. A l’occasion du centenaire de la naissance du compositeur italien, nous présentons son œuvre pour piano qui représente une dizaine d’heures de musique au sein d’un ensemble profondément original, indépendant des courants musicaux du 20e siècle.

Premier compositeur italien à adopter les techniques dodécaphoniques, Scelsi s’écarte rapidement des courants avant-­gardistes pour explorer les origines de la vibration sonore. Ses recherches le mirent à l’écart des avant-gardes dominantes des années 50, car il refusa de les intégrer, préférant utiliser des formes anciennes comme la sonate. Scelsi se révèle à son meilleur dans l’écriture pour orchestre, pour la musique de chambre et pour le piano. Le répertoire pour cet instrument porte la marque du talent d’improvisateur de Scelsi dont l’écriture subit de plus en plus l’influence des musiques et de la philosophie orientales. Seule une petite partie de sa production pour le piano (destinée, il est vrai, la plupart du temps à des pianistes virtuoses et ayant une grande connaissance du répertoire contemporain) est jouée en concert. Au sein de ce catalogue assez vaste, on remarque deux grandes périodes créatrices.

Pour lire la suite de cet article (494 mots):