Ravel à plusieurs mains : “Ma mère l’oye”

Ravel a voué une amitié indéfectible à une famille, les Godebski. C’est pour Jean et Mimi, les deux enfants de cette famille, qu’il écrivit l’une des partitions les plus raffinées du répertoire pour piano à quatre mains.

« Entre 1906 et 1908, nous avions l’habitude d’aller, pendant les grandes vacances, dans la maison de campagne de mes parents, La Grangette, à Valvins. C’est là que Ravel mit la dernière touche à Ma mère l’oye », se souvient Mimi Godebski.
Une amitié indéfectible unissait Ravel et la famille Godebski : Cipa, critique musical, Ida, sa femme, et leurs enfants Mimi et Jean ainsi que Misia, sœur de Cipa, que l’on connaît mieux sous le nom de Misia Sert et qui domina le Tout-Paris culturel entre les deux guerres. La présence de Jean et Mimi toucha et inspira le célibataire Ravel qui appréciait leur compa­gnie. « Il y a peu de mes souvenirs d’enfance dans lesquels Ravel ne trouve pas sa place. De tous les amis de mes parents, j’avais une prédilection pour lui car il avait l’habitude de me raconter des histoires qu’il aimait. Je montais sur ses genoux et, invariablement, il commençait par “Il était une fois…”, et c’était Laideronnette ou La Belle et la Bête ou les aventures d’une pauvre souris qu’il inventait pour moi… », nous confie encore Mimi.

Pour lire la suite de cet article (1521 mots):