Frontispice cinq mains pour un piano !

Deux cent soixante-dix pages d’un poème en cinquante chants sur la guerre dans les Dardanelles. 255 exemplaires sortis de l’imprimerie Crété (Corbeil, 1923). On y trouve un portrait de l’auteur, Ricciotto Canudo, en zouave, par un certain Picasso et, singularité non moins majuscule, le fac-similé d’un superbe manuscrit de quinze mesures de piano à cinq mains (1 minute 40), signé Maurice Ravel…

Il s’agit de SP 503, le poème du Vardar (suivi de Sonate à Salonique) par (Ricciotto) Canudo, petit volume in-12, format carré, broché… Né dans les Pouilles en 1877 (d’autres sources donnent 1879), Canudo devait s’installer à Paris dès 1902, parlant un français sans entraves, s’imposant vite dans les milieux intellectuels. Guillaume Apollinaire l’avait surnommé “le Barisien de Paris”, et aussi “celui qui voit clair avant les autres”. Canudo prêchait l’internationalisme culturel, la modernité, bientôt le futurisme, la vitesse et le fracas, puisant des enthousiasmes semblables dans la musique – dès 1905, il avait publié 76 pages sur la Neuvième de Beethoven… Romans et pièces de théâtre, articles par centaines sont aujourd’hui déplorablement inaccessibles.

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