Conseils pour interpréter Ravel

Sous couvert d’impressionnisme, on confond souvent l’écriture de Ravel avec celle de Debussy. C’est une grave erreur, que Dominique Merlet ne cesse de souligner. Le toucher ravélien est tout à fait spécifique.

Ravel aimait à dire : « Ne jouez pas ma musique comme du Debussy. » Quelle leçon tirer de cette réflexion ?
J’adhère totalement à ce propos de Jacques Février. Il convient de l’avoir toujours à l’esprit en abordant Ravel. Je suis souvent amené à souligner l’approche pianistique radicalement différente qu’il faut trouver entre ces deux musiciens. Les jeunes pianistes jouent parfois Ravel de manière trop passe-partout, jolie, “impressionniste”, sans le toucher spécifique que ces partitions requièrent. Cela m’a donné l’idée d’une conférence que j’ai faite, notamment à l’étranger, où je montre tout ce qui oppose ces deux compositeurs. Regardez leur physionomie, le contraste mor­pho­lo­gique de leurs mains : “enveloppées” chez Debussy, beaucoup plus osseuses chez Ravel. Leur graphisme également diffère, la petite écriture ronde et régulière de Debussy comparée à celle, si anguleuse, de Ravel.

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