Brahms et les maîtres du passé

Tout au long de sa carrière, Brahms n’aura cessé de s’intéresser à la musique ancienne et a beaucoup œuvré pour la restituer et la faire connaître. Il était cependant bien de son temps et appréciait les compositeurs romantiques. Mais peut-être craignait-il la musique de “progrès” à venir ?

Tout à son engagement pour faire connaître la musique ancienne, Brahms a trouvé une place de choix dans un ample mouvement de résurrection des œuvres du passé au 19e siècle, alors que paraissaient les premières éditions “modernes” d’œuvres anciennes. Pionnier dans ce domaine comme éditeur et exécutant, il pouvait réaliser une basse chiffrée selon les traditions d’antan, ou du moins selon ce qu’on en connaissait, et n’hésitait pas à annoter les partitions qu’il lisait, corrigeant çà et là des “fautes” qui lui semblaient difficilement admissibles. Son intérêt pour cette littérature musicale s’explique autant par sa personnalité que par l’historicité de son temps. En rappelant des compositeurs oubliés et en signalant des inconnus, voulut-il aussi lutter contre les progrès de la « musique de l’avenir » illustrée par Liszt et Wagner, qu’il dénonça dans un écrit fameux en 1860 ?

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