Brahms et la France

“Vulgarité, mauvais goût, lourdeur bien germanique”… En France, les compositeurs et les interprètes autant que le public, n’ont eu de cesse, pendant longtemps, de dénigrer Brahms. Le malentendu a duré très longtemps, malgré – tout de même ! – quelques partis pris favorables. Aujourd’hui, il s’est totalement dissipé.

Brahms et la France, c’est un peu l’histoire d’un malentendu. Les célébrations de sa naissance et de sa mort n’ont jamais soulevé les passions du public français, ce qui semble révélateur de son état d’esprit. Emmanuel Bondeville a tenté de résumer cette incompréhension : « Le malheur de Brahms fut d’être choisi pour modèle de sagesse. Que sa nature l’ait maintenu éloigné des luttes, ce n’est pas douteux. » Pour la France, Brahms, que ses compatriotes considéraient parfois comme un révolutionnaire, restait un artiste conservateur, mais il est étonnant que, dans un pays qui a souvent manifesté un engouement pour la musique d’outre-Rhin, il soit resté si mal-aimé. Edouard Lalo avouait une profonde aversion pour cet « esprit inférieur », résultat, croyait-il, du chauvinisme allemand, à quoi Fauré ajoutait : « On nous a dit à satiété que l’évidente indifférence de la majorité des artistes et du public pour la plus grande partie des œuvres de Brahms tient à l’incompatibilité d’humeur qui sépare la race latine et la race germanique. »

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