Entretien avec une pianiste brahmsienne : Idil Biret

Découvrant Brahms à l’âge de 8 ans, Idil Biret a demandé à ses professeurs français de le travailler. Ils étaient alors très réticents… Elle a depuis enregistré l’intégrale de son œuvre pour piano, y compris les 51 Exercices !

Enfant prodige turque, Idil Biret joua le Concerto pour deux pianos de Mozart à 11 ans avec Wilhelm Kempff au Théâtre des Champs-Elysées. Bien avant de lire la musique, elle connaissait et jouait d’oreille Mozart, Bach… Une mémoire sans limite et une culture insatiable lui ont permis de constituer un répertoire unique dans l’histoire de l’interprétation.

Comment avez-vous découvert Brahms ?
J’ai découvert Brahms lorsque je suis arrivée à Paris dans les années 50. A cette époque, on ne le jouait presque pas en France, sa musique était considérée comme pesante et ennuyeuse. On voyait l’œuvre pour piano mal écrite, lourde, avec des sauts énormes… Cependant, une amie de ma famille, Madeleine de Valmalète, me dit un jour : « Brahms est un grand compositeur, un très grand compositeur. » Plus tard, je devais avoir 8 ans, elle me dit : « Je vais jouer quelque chose pour toi, écoute bien… » ; c’était l’Intermezzo op. 117/1 ; puis elle joua le second et aussi l’un des opus 118. A ce moment, je me suis dit : « C’est exactement la musique que j’aime, la musique que j’aurais aimé composer ! »

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