Le piano dans les pays nordiques

A l’ombre de Grieg et de Sibelius, des compositeurs nordiques, aujourd’hui souvent méconnus, ont livré un grand nombre d’œuvres pour piano. Loin d’être anecdotique, cette production recèle quelques trésors. A l’occasion de l’année Grieg (1843-1907), nous vous proposons un parcours musical, du Danemark à l’Islande.

La Russie, la France ou l’Allemagne possèdent toutes une solide tradition pianistique, dont la spécificité réside à la fois dans la sonorité et dans la maîtrise technique. La situation est différente dans les régions septentrionales de l’Europe, où le répertoire pour piano s’est forgé au contact des pays frontaliers et sous l’influence des grands interprètes occidentaux. Pour autant, il ne faudrait pas sous-estimer la richesse de l’œuvre nordique pour clavier ni la grande qualité des interprètes. Plongée dans l’histoire musicale pianistique à la frontière boréale.

Les prémices du Siècle des lumières

Le courant sur instruments anciens a permis de redécouvrir un grand nombre de compositeurs de l’ère classique tombés dans l’oubli. Et notamment certains auteurs nordiques. L’un des premiers musiciens scandinaves à s’intéresser aux claviers est Carl Petter Lenning (1711-1788). Ce Suédois fut notamment organiste à la cathédrale de Turku, qui était à l’époque la capitale culturelle de la Finlande. Outre ses qualités d’interprète, Lenning était doué pour la facture instrumentale. On lui doit ainsi un clavicorde construit en 1765 – premier instrument de ce genre en Finlande.
La transition entre classicisme et romantisme a été bien plus riche pour la production d’œuvres pianistiques.

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