Edvard Grieg, maître de la “petite forme”

En dépit du succès mondial du Concerto en la mineur, c’est dans les petites formes que le plus connu des compositeurs norvégiens se révèle à son meilleur. Marc Vignal peint ici un Grieg maître du piano.

Chez Edvard Grieg, bien plus que chez Sibelius, la musique pour piano seul occupe une position centrale. Maître de la “petite forme”, et non de la “grande forme” comme Sibelius, Grieg composa ses premières pages répertoriées pour piano, les Quatre Pièces op. 1, en 1861, durant ses études au Conservatoire de Leipzig, et les dernières, les Sept Impressions op. 73, en 1905, deux ans avant sa mort. On admire dans cette production abondante mais inégale la perfection de l’écriture pianistique, l’authenticité de l’expression populaire et l’audace des harmonies : parcourues de tournures modales, parfois impres­sion­nistes avant la lettre, ces harmonies ne laissèrent pas Debussy indifférent. Les talents harmoniques de Grieg se développèrent d’ailleurs plus tôt que ses talents mélodiques.
Il laissa environ 130 pièces pour piano, son instrument de prédilection, alors que celui de Sibelius était le violon : cela sans compter diverses transcriptions, notamment de Peer Gynt et de la Suite Holberg, et trois pièces posthumes. Son Concerto en la mineur de 1868, sa musique de chambre avec piano et l’accompagnement de ses mélodies s’inscrivent dans d’autres catégories.

Pour lire la suite de cet article (1620 mots):