Schubert, le jeune homme et la mort

Avant que les compositeurs romantiques de la génération dite “1810” ne laissent libre cours à l’expression de leurs amours et de leurs douleurs, Franz Schubert, le précurseur, né en 1797, bien qu’entouré d’amis joyeux et fidèles, arpente le chemin solitaire du “Wanderer”, le compagnon errant. Il est le jeune homme pauvre, privé d’amour, qui pressent sa fin prochaine : « Donne-moi la main, n’aie pas peur… Je suis ton amie ! » (“La Jeune Fille et la Mort”). Il nous chante sa douleur avec les mots des poètes qu’il a si souvent mis en musique, et qu’il faut connaître pour comprendre sa musique.

« Les sonates pour piano de Schubert, à peu d’exceptions près, demeurèrent pour moi lettre close dans mes années de jeunesse. Je m’en tenais à la grande sonate en la mineur op. 42 D 845, car elle me semblait apparentée à l’esprit de Beethoven. » Ce témoignage de Wilhelm Kempff, l’un des plus grands interprètes schubertiens du 20e siècle, publié en préface à son intégrale des sonates (Deutsche Grammophon, 1970), pose en quelques lignes la question fondamentale de la musique de Schubert, de son accueil et de sa tardive découverte par le grand public. Il marque aussi la fin d’un malentendu.

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