Fanny et Félix Mendelssohn : âmes sœurs ou frères ennemis ?

Peut-on parler de Félix Mendelssohn sans évoquer Fanny, sa sœur adorée ? Elle avait, elle aussi, un vrai talent. Félix l’admirait. Mais ne tolérait pas qu’étant femme, elle pût être éditée. Elle dut se soumettre et s’effacer.

Pianiste superbe, Fanny Mendelssohn, de quatre ans l’aînée de son frère Félix, rêvait elle aussi de composer, mais cette musicienne si talentueuse a vu, comme Mel Bonis et bien d’autres, sa vocation entravée par les absurdes conventions de son temps (elle est née en 1805). Son véritable soutien lui viendra de son époux, le peintre Wilhelm Hensel, artiste à l’esprit ouvert, qui, dans la mesure des libertés que lui laissaient les mœurs contemporaines, sut toujours l’encourager, ce que ne fit jamais Félix, qui interdit à sa sœur de publier sa musique, allant jusqu’à faire éditer sous son nom les lieder composés par celle-ci. « Fanny n’a jamais souhaité devenir compositeur ni avoir une vocation pour cela : elle est trop femme », avait-il tranché, péremptoire. Tout au long de sa courte carrière, Fanny Mendelssohn ne cessera de se débattre entre les codes de son éducation et ses aspirations de musicienne, jusqu’à douter quelquefois de son talent.

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