Cyril Huvé : « Mon Erard et moi »

Comment êtes-vous arrivé à jouer sur un piano romantique ? Est-ce par une démarche analogue à celle des interprètes de musique ancienne ?
Le mouvement baroque de retour aux sources m’a beaucoup intéressé, parce que se poser la question de l’instrument oblige à se poser la question du style. En ce qui concerne le répertoire romantique, je n’étais pas satisfait du son du piano moderne : nos oreilles se sont habituées à trouver normal que les basses dégagent par elles-mêmes une telle masse d’harmoniques que les parties médianes s’en trouvent mangées, à trouver normal que les aigus s’imposent dans le claquement d’une sorte d’insolence drue, à trouver normal qu’au lieu qu’il y ait entre chacun des sons d’un accord comme un vide silencieux sur lequel ils se détacheraient dans la limpidité de l’écoute, toutes les harmonies flottent dans le lac d’une réverbération permanente.

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