Le piano démasqué

Le malheur du piano est simple : il n’admet pas la courte durée de ses sons percutés.

« Les meilleurs doigtés sont ceux qui permettent l’exacte réalisation du texte sans le secours de la pédale. » (Schoenberg, notes pour la Suite fur Klavier opus 25).
La classification des instruments range couramment le piano dans la famille des percussions. Cette définition, bien qu’inadéquate en apparence, s’appuie pourtant sur une réalité mécanique : le son du piano est celui d’une corde frappée. A cela, il n’y a rien à redire, sauf que, précisément, le piano cherche à cacher sa nature d’instrument de percussion. La classification est juste en théorie ; mais elle est incroyablement fausse pour notre sensibilité — personne n’admettra cette vérité qu’un Nocturne de Chopin soit une pièce pour percussion solo.

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