Les interprètes de Chopin : Abdel Rahman El Bacha, la passion de l’équilibre

Le pianiste d’origine libanaise Abdel Rahman El Bacha s’est engagé dans une intégrale de l’œuvre de Chopin qui présente l’originalité d’être organisée de manière chronologique. Elle s’achèvera au tout début du prochain millénaire.

Après avoir assidûment enregistré les sonates de Beethoven. vous vous trouvez plongé aujourd’hui avec Chopin dans un univers musical totalement différent. Comment ressentez-vous ce changement ?
Je voudrais d’abord dire que j’éprouve un amour inconditionnel pour Beethoven autant que pour Chopin. Ce sont des musiciens sur lesquels je ne me pose pas une seule question quant à la valeur musicale, même d’une page dite “mineure”.

Beethoven/Chopin

La fréquentation des 32 sonates de Beethoven m’a permis de comprendre toutes les possibilités expressives de la musique et pas forcément du piano lui-même. C’est-à-dire que chez Beethoven, bien qu’il y ait des moments magistralement écrits pour l’instrument, où celui-ci “sonne” bien, la majeure partie des 32 sonates a été conçue dans l’abstraction. L’instrument est un support auquel la musique est adaptée, mais on sent que celle-ci est née “ailleurs”. Cet “ailleurs” suppose une exigence mentale, une participation de la sensibilité extra-instrumentale. Il met le pianiste à l’épreuve, face à une réalisation qui n’est pas toujours en parfait accord avec la pensée musicale – le piano est parfois un peu maltraité. Les choses sont très différentes avec Chopin.

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