Les pianos qui écrivent tout seuls

Le Centre Clavier Création, à l’initiative de la direction de la Musique et de la Danse, mène une recherche sur les états anciens, présents et futurs du clavier. Il travaille actuellement sur les brevets musicaux déposés à la fin du 18e siècle et au 19e siècle à l’Institut national de la propriété industrielle, concernant notamment les claviers destinés à écrire automatiquement la musique improvisée. Patrick Scheyder, pianiste, improvisateur et compositeur, nous présente aujourd’hui le sténographe musical.

Le souci de transcrire les improvisations jouées au clavier par un procédé mécanique remonte au 18e siècle, avec l’invention du révérend Creed en 1746. Ce principe rend compte de la pratique alors courante de l’improvisation dans la musique dite classique. D’autre part il révèle la tendance grandissante à noter, préciser, analyser, capter et conserver ce qui était, par essence, oral. Par le moyen de pointes traçantes couplées aux touches, rayant un papier gradué à l’image du clavier, Creed capte le mouvement des touches par le trait qu’elles impriment en s’enfonçant. La longueur des traits indique la durée des notes qu’il faudra ensuite transcrire en notation usuelle. En 1780, l’ingénieur anglais Merlin construit un pianoforte-clavecin, visible au Deutsche Museum de Munich, qui note les improvisations sur un rouleau de papier de type similaire.

Pour lire la suite de cet article (1081 mots):