Les pianos insolites du 19e siècle

Au 19e siècle, la classe naissante de la bourgeoisie est en quête d’un instrument qui puisse symboliser ses valeurs et sa richesse. C’est, avant tout, un meuble en bois précieux, qui signifie, dans le salon où il prend place, prestige, prospérité, éducation… Pour les facteurs, cela signifie un foisonnement d’idées et de trouvailles, du piano-table au piano-console, en passant par « l’autopanphone et le clédiharmonique ! »

« Il faut de la vertu pour ne pas prendre en dégoût le piano, après en avoir examiné, entendu, ou joué deux cent quatre-vingt-neuf, de toutes formes et dimensions », écrivait François-Joseph Fétis, à son retour de l’Exposition internationale de Londres en 1862. L’immense popularité du piano atteignait alors son apogée. Le 19e siècle venait de construire peu à peu ce succès, par le biais d’un art de vivre qui l’intégrait fermement à la vie quotidienne. L’évolution sociale de la bourgeoisie en a fait, en effet, cet objet de convoitise qui glissera au fil du temps vers les classes les plus basses de la société, au point qu’il ne sera plus « de maison dans Paris, où le piano ne fasse invasion à tous les étages, en commençant par la loge du portier ». (J.A. de Lafage, 1855).

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