Le silence est d’or

Il faut réhabiliter le silence auprès des pianistes amateurs. Il est en effet trop souvent mal interprété, mal aimé et donc mal joué, jusqu’à en perdre son sens, sa signification réelle.

Si l’on pense notes, le silence n’a pas de place. Si l’on pense musique, le voici indispensable.
Or, que remarque-t-on ? Que le silence, jusqu’à un certain niveau d’études, est souvent bâclé, déformé, écourté ou rallongé, respecté parfois, mais toujours subi.
Mais attention, il ne s’agit pas de n’importe quel silence. Nous en distinguerons en effet deux sortes : le silence rythmique, qui fait simplement appel à une bonne connaissance du solfège, car inséré au cœur d’un motif musical, il produit un effet rythmique, et le silence que nous appellerons ponctuation musicale, la bête noire, celui qui nous intéresse aujourd’hui. Afin de mieux les discerner, nous choisirons un exemple qui réunit ces deux formes d’apparence semblable et d’intention si dissemblable, extrait du “finale” de la Sonate en fa# mineur op.11 de Robert Schumann, mesures 15 à 17 (ci-dessus).

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